Exposition

La lueur du désastre – The radiance of disaster
Stephanie Montes, Colombie

 

me 16 septembre à 18h30 - vernissage public

Une exposition organisée conjointement par SMArt, la Galerie du Théâtre du Crochetan, le Festival Images Vevey et Lugar a Dudas [1] (Cali, Colombie)

 

Au cours de sa résidence de trois mois, au Théâtre du Crochetan, au printemps 2020 dans le cadre du programme SMArt[2], la jeune photographe colombienne Stephanie Montes a exploré plusieurs thèmes inspirés par la nature impavide.

 

 

L’étonnante mélancolie du vide
Son séjour s’est déroulé durant la période « extraordinaire » de la pandémie de Covid-19. A travers le monde, l’heure était au confinement depuis mars 2020. Cette mesure nécessaire, d’une durée de plusieurs semaines, a été prise dans de nombreux pays pour lutter contre la propagation du Covid-19. Espaces vides, rues désertes… en furent les témoins les plus « criants » : en nous contraignant à une forme d’isolement, le coronavirus nous a privés de vie sociale « directe », des contacts quotidiens et variés auxquels nous étions habitués. Tous les lieux de rencontres et d’échanges ont été fermés, tandis que les populations étaient quasi consignées chez elles. Aussi, les images de lieux dépeuplés de Stephanie Montes évoquent des scènes apocalyptiques, conférant une impression de fin du monde. Reflets d’un contexte anxiogène, elles nous interpellent par leur caractère inédit, empreint d’étrangeté. Dénuées de présence humaine, elles suscitent diverses émotions telles que la sensation de solitude, la mélancolie, l’angoisse ou la peur.

 

Des albums de famille en écho à notre imaginaire collectif
En parallèle, en réaction à cette situation « déshumanisée », Stephanie Montes a découvert d’émouvantes photographies de famille d’amateurs et d’anonymes, issues d’archives et d’albums photos valaisans qu’elle a choisies pour leur potentiel émotionnel. A travers ces images porteuses d’une part de rêve, de poésie, d’insolite, de mystère, de joie, de complicité, de lien social, nous mesurons combien photographier implique nécessairement la notion de partage. En conférant une seconde vie à ces clichés, la jeune artiste interroge les représentations de l’intimité et les histoires qu’elles recèlent, plus largement la mémoire des affects. Telles des émanations de présence, les photographies de famille associées aux étendues désolées participent ainsi d’une subtile « rencontre ». En explorant avec sensibilité la frontière entre présence et absence, la photographe questionne notre mémoire individuelle et collective

 

 

[1] Lugar a Dudas est un centre culturel dédié aux arts contemporains qui accueille des artistes nationaux et internationaux depuis 2006 dans la ville de Cali, en Colombie. Organisant des projets et des initiatives à l’intersection de disciplines allant du théâtre à la musique, en passant par les arts vivants et les arts plastiques et des projets activistes et sociaux, Lugar a Dudas est devenu le lieu de rencontre culturel et artistique du sud de la Colombie en créant un pont avec le reste du monde, et en participant activement au dialogue et aux échanges socioculturels.
[2] Sustainable Mountain Art : Le projet national SMArt est réalisé en Valais par la Fondation pour le développement durable des régions de montagne FDDM. Le projet offre des résidences en Valais à des artistes photographes du Sud et de l’Est. Durant leur séjour, ils explorent par leur art les enjeux des régions de montagne. Cette recherche se clôt par une exposition dans une institution culturelle. L’un des objectifs-clef de SMArt est le dialogue entre les artistes et la population locale.